Numérique et enjeux de société par Gilles Babinet

August 5th, 2013

Biohacking : quand les fab-labs s’attaquent au vivant

Article

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Biohacking ? La pemière fois que j’ai vu ce mot, c’était dans un article de Wired. L’idée qu’il recouvrait ? Si l’on veut faire en sorteque le patrimoine du vivant ne soit pas peu à peu cannibalisé par de grandes entreprises de type Monsanto, qui modifient légèrement des gènes pour ensuite les breveter et les défendre très fermement, il fallait qu’émerge dans le domaine des biotechnologies, l’équivalent de ce qu’est le courant du logiciel libre dans l’informatique. Une sorte de biologie libre et hors-les-murs.

 L’AVÈNEMENT D’UNE NOUVELLE BIOTECHNOLOGIE À LA FOIS LOW-TECH ET LOW-COST

 J’ai alors découvert que c’était en France que se trouvait le plus grand Biohackerspace d’Europe. La visite en vaut le détour. Pour l’instant, La Paillasse a trouvé refuge dans un squatt situé le long d’une voie ferrée, à quelques kilomètres de Paris. On y croise de jeunes scientifiques de toutes disciplines, des designers, des ingénieurs, des artistes et toute une flopée de passionnés. Les uns cherchent à développer une encre biologique à faire pousser soi-même (et donc très écologique et peu chère, les encres étant très polluantes et peu abordables). D’autres s’essayent à l’électronique biodégradable. D’autres encore à des méthodes d’analyse génétique low-cost. Tout ceci n’aurait même pas été envisageable quelques années auparavant. C’est l’effondrement des coûts des équipements qui a autorisé l’avènement d’une nouvelle biotechnologie à la fois low-tech et low-cost. Ce mouvement a facilité l’émergence de petits laboratoires ouverts et presque gratuits, se basant sur l’interdisciplinarité, l’open source et le volontariat.

 LA RÉVOLUTION DE LA BIOTECHNOLOGIE DANS DES GARAGES

On estime qu’avec 20 000 euros, on peut disposer d’un équipement qui permet d’effectuer des travaux sérieux. Ces mêmes équipements coûtaient plusieurs millions d’euros il y a à peine plus d’une dizaine d’année.C’est donc une opportunité pour qu’émerge de nouvelles formes d’innovation, à cycle court, à haut niveau de créativité et à moindre besoin en capitaux. Le potentiel est immense, il est immédiatement accessible, à condition que l’on ne voit pas dans ces jeunes chercheurs des “Frankenstein” en puissance qui doivent être contrôlés et régulés. Faut il rappeler que la France est l’un des rares pays qui a interdit le séquençage autonome de l’ADN ? Certes, comme pour toute nouveauté, des déviances sont possibles. Mais avant toute chose, c’est l’opportunité d’un monde meilleur qui s’offre à nous au travers de ce type d’initiative. Avec des biolabs comme la Paillasse, la France semble donc bien partie mais elle devrait encourager la poursuite de ces efforts citoyens sur le plus long terme. La biotechnologie, à l’instar de l’informatique, est en train d’amorcer sa révolution dans des garages, c’est le début d’une nouvelle ère, ne la ratons pas.

 

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