Numérique et enjeux de société par Gilles Babinet

March 2nd, 2014

Disparaitre, revenir, entreprendre…

Article

Si j’avais vingt ans, je ferais un tour du monde, en faisant des petits boulots à droite à gauche… j’ai souvent croisé des gens qui faisaient ça, particulièrement des Israéliens et des Hollandais.
Je n’écouterais pas trop les adultes, tout au moins ceux qui me parleraient de sécurité, de raison et m’inviteraient à trouver un job près du radiateur -genre fonction publique ou grande entreprise. Quitte à gâcher sa vie, autant que ce soit pour une bonne cause.
J’irai à Benarès, à Bandiagara, dans un ashram du sud de l’inde, etc. histoire de bien comprendre combien le monde et l’humanité sont divers. Idéalement, je passerais du temps avec des communautés qui n’ont rien à voir avec celles de l’occident ; dans un projet humanitaire par exemple. Je lirais, beaucoup, de la littérature du monde entier, juste pour perdre un peu plus ma boussole. Je n’hésiterais pas à travailler dur, incomparablement plus que ce que mon statut d’européen m’aurait permis naturellement d’obtenir. Et si je venais à revenir au pays, j’essayerais quelque chose comme monter une entreprise ; quelque chose qu’on ne fait facilement que jeune. Je tacherais d’y toujours faire les choses avec passion, et comme il n’ait pas impossible que mes voyages m’aient permis d’acquérir une vraie empathie pour les autres, leurs idées, leurs façons de faire, j’en bénéficierais probablement. Et si je venais à me planter, je pourrais alors me dire que j’aurais au moins économisé le coût d’un MBA.
Même là, je n’essayerais pas de rentrer dans le rang, de toute façon, j’aurais tellement changé que ça deviendrait difficile ; d’une certaine façon j’aurais acquis une forme de liberté, difficile à oublier. Je saurais que le monde ne s’arrête pas à ce que sans cesse, on me dit être important ; et cette liberté me permettrait sans doute de faire les choses différemment, et ce serait en fait le début de ma richesse personnelle.

J’entends déjà ceux qui vont me dire que tout ça n’est pas raisonnable et que cela procède par définition d’une vision bobo du monde ; et sans doute n’auront ils pas tort. Pour autant, tout ceci n’est pas plus idiot que de recommander à quiconque de faire HEC, un deug de philo, ou une école d’ingénieur. Et ce n’est pas d’ailleurs incompatible. C’est en revanche incompatible avec le fait d’être raisonnable.

  • Forzaclaire

    J’étais le week-end dernier au Salon des Solidarités. La conférence “Les métiers et compétences recherchées” était blindée — que des jeunes ou presque (à part moi 🙂 Bien sûr ils font tous les salons pour “trouver un job”, mais il y avait quelque chose dans l’air, qui me dit que certains de ces jeunes-là ne sont pas raisonnables, et sont prêts à faire exactement ce que vous racontez là, dans votre article — y compris ceux à qui leurs parents ont recommandé de faire HEC (et qui le feront peut-être mais feront autre chose que ce qui était convenu ensuite).

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